Dette

La Réserve fédérale américaine a prêté aux banques en difficulté 1200 milliards au taux de 0,01%.. Est-il normal qu’en cas de crise des banques privées puissent bénéficier d’un tel taux et certains États soient obligés au contraire de payer 800 fois plus? Je ne le pense pas. L’essentiel des sommes empruntées concerne des dettes anciennes.

La Banque centrale européenne n’est pas autorisée à prêter aux États membres mais aux organismes publics de crédit et aux organisations internationales, oui et sans limite. Elle peut donc prêter à 0,01% à la Caisse des dépôts ou à la Banque européenne d’investissement, qui, elles, peuvent prêter à 0,02%, au lieu de 7 ou 9% sur les marchés, aux États. On pourrait alors aussi financer un plan européen d’économie d’énergie.

L’Europe n’est pas aux mains des lobbies financiers, elle est au service des citoyens.

Salaire maximum

9 240 809 euros annuels (Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, 572 smic par mois, soit  1 365 euros brut mensuels). L’État français reste le premier actionnaire de ce groupe. Il lui avait prêté 3 milliards d’euros à un taux préférentiel en 2009.

Le gouvernement d’Angela Merkel a annoncé qu’aucun salarié d’une banque allemande aidée par l’État ne pourra toucher plus de 500 000 euros par an. Le parti socialiste français a proposé qu’au sein des entreprises ayant une participation publique dans leur capital, les rémunérations soient comprises dans une échelle de 1 à 20, soit jamais supérieures à 322 000 euros brut par an, c’est-à-dire 20 smic par mois (Henri Proglio, Edf, 2 millions par an). Je soutiens ces initiatives même s’il faut aller plus loin.

Il n’existe aucune justification économique de ce niveau de rémunération.

Crise économique et Europe

C’est bien elle qui conditionne une nouvelle politique. Elle aura d’abord été financière et bancaire, elle pourra l’être encore si nous manquons de volonté politique.

Nous avons alors aidé les banques puis avons constaté qu’elles faisaient de très grands profits et n’apportaient pas toujours le concours attendu aux besoins de l’économie. Je l’ai personnellement subi. Or les banques ont avant tout une mission de service public : financer l’économie, pas gagner de l’argent. Il faut créer un bonus-malus en fonction du nombre de crédits accordés, taxer toute rémunération financière au-delà d’un demi-million de dollars.

L’Europe doit maintenant choisir entre l’intérêt général ou les intérêts particuliers, le long et le court terme. C’est une erreur majeure de refuser d’adjoindre à la politique monétaire une politique économique commune à la hauteur des enjeux. Les gouvernants ont désormais la charge de la zone euro.