Miser sur la petite enfance

Sainte ThérèseLa quasi-totalité des élèves en grande difficulté en 6ème l’étaient déjà au CP. 44% des Français souhaitent inscrire leurs enfants dans le privé même si les tests réalisés dans ces établissements ne sont pas significativement meilleurs que ceux du public. 40% des enseignants du primaire et du secondaire se sentent insuffisamment préparés à la pédagogie. C’est le taux le plus élevé de l’OCDE. La France ne consacre que 40% du budget de l’Education nationale au paiement des enseignants contre 80% en Allemagne. Enfin, la proportion dans l’apprentissage des jeunes sans diplôme est tombée de 60 à 32% en vingt ans. Trois réformes me paraissent essentielles à notre système éducatif :

  1. Modifier progressivement le taux et la nature de l’encadrement en maternelle par le recrutement d’éducateurs de jeunes enfants diplômés d’Etat,
  2. Mettre en œuvre les protocoles pédagogiques issus de la meilleure recherche,
  3. Préférer des enseignants mieux rémunérés et mieux formés que plus nombreux et permettre l’autonomie institutionnelle et pédagogique dans le primaire.

Réforme des universités

« Elle est emblématique du quinquennat » de Nicolas Sarkozy (Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement supérieur – Europe 1 6/05/2011). Prometteuse puis décevante.

Il était souhaitable de donner une autonomie, en particulier budgétaire, aux universités qui pourraient alors fonctionner à leur guise. Certaines ont pu recruter des enseignants-chercheurs de réputation internationale, d’autres mettre en place des innovations pédagogiques. 90% des universités françaises sont aujourd’hui autonomes. Bien.

Encore faut-il en avoir les moyens.. Il est évident qu’en l’absence de financements publics sécurisés, une concurrence entre établissements s’aggravera sur notre territoire. Le problème majeur reste l’orientation des étudiants. La moitié des bacheliers échouent en première année de licence. Des filières peu viables sont maintenues. Dommage.

Collège unique

Mis en place en 1975, son but était d’accueillir dans un même type d’établissement tous les élèves de la 6ème à la 3ème et de leur offrir un enseignement identique afin de démocratiser l’accès à l’éducation. Mais le collège unique n’aura jamais été un collège uniforme. Il y a dix ans déjà, 73% des enseignants de moins de 35 ans y voyaient un objectif irréaliste (Sofres). 60 000 jeunes sortis du collège chaque année n’ont pas de qualification! 67 % d’entre eux figuraient parmi les plus faibles aux évaluations de 6ème..

La mise en œuvre du collège unique a progressivement fermé toutes les filières d’orientation précoce qui permettaient encore de gérer la situation. L’égalité des chances doit en fait signifier une pédagogie adaptée et forcément différenciée selon les élèves. Par ailleurs l’échec à l’école n’est pas l’échec de l’école. Enfin, il ne s’agit pas « d’embrasser tout ce qu’il est possible de savoir, mais bien apprendre ce qu’il n’est pas permis d’ignorer. » (Jules Ferry) Les voies pour y parvenir sont nécessairement diverses. Le nier est une erreur.

Education nationale

La France consacre 6% de son PIB à l’éducation (5,7% en moyenne dans l’OCDE). Une année de scolarité coûte 5600 euros au premier degré et 8000 au collège, 2000 euros de plus qu’il y a 20 ans. Au total 60,5 milliards d’euros sont prévus en 2011 pour la mission « enseignement scolaire ». Un professeur des écoles dans le public est payé 1,5 smic en début de carrière. Depuis 2009 il est recruté sur concours à bac+5 en externe.

Et pourtant la France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE (22ème sur 65 – PISA 2009) pour la compréhension de l’écrit avec un écart qui se creuse entre les meilleurs et les moins bons élèves dont la proportion atteint 20%. Le niveau en maths diminue aussi.

Il faut à mon sens, comme le prévoit le programme Clair depuis la rentrée 2010, accorder un vrai pouvoir de direction aux responsables d’établissement. Au plus proche des élèves, de leurs parents et des professeurs, le directeur d’une école doit pouvoir déterminer les objectifs à atteindre en fonction des besoins de ses élèves et en particulier intervenir dans le recrutement des équipes pédagogiques.

Ecole

3 100 000 personnes étaient en situation d’illettrisme en 2005 (INSEE), c’est-à-dire ayant été scolarisées en France mais ne maîtrisant pas la lecture, l’écriture, le calcul, les compétences de base pour être autonome dans la vie courante. Parmi elles, 10% seulement vivent dans les zones urbaines sensibles et 74% parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5 ans.

Chaque année, 4 écoliers sur 10, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes. Plus de 100 000 d’entre eux n’ont pas la maîtrise des compétences de base. Or le collège et le lycée ne sont pas les lieux où l’on apprend les savoirs fondamentaux.

Je soutiens donc la mise en place d’un examen d’entrée au collège permettant de vérifier que tous les élèves qui passent en 6ème savent lire, écrire et compter. Avec la prolongation de la durée de la scolarité obligatoire et l’instauration du collège unique, la finalité de l’école primaire a changé. Il s’agit non seulement de former les enfants, de porter chacun au maximum de ses possibilités, mais aussi de les mener tous au collège.

Absentéisme scolaire

Je regrette que Jean-Sébastien Vialatte ait voté contre la proposition de loi visant à lutter contre l’absentéisme scolaire, à laquelle plus de 60% des Français se déclarent d’ailleurs favorables.

5% des élèves sont concernés par cette situation, c’est-à-dire à partir de quatre demi-journées d’absence non justifiée par mois. C’est un problème complexe où en général plus les parents sont attentifs, moins il est élevé. Or, le contrat de responsabilité parentale, mis en place entre les familles et le conseil général par la loi du 31 mars 2006, n’a été réalisé que dans un seul département.. et semble avoir bien fonctionné.

Ainsi l’octroi d’allocations familiales constitue le corollaire de l’exercice de l’autorité parentale. L’intervention de l’inspecteur d’académie dans leur suspension apparaît plus efficace que celle d’un président de conseil général. Le rétablissement des allocations familiales reste rétroactif.

Réforme du lycée

Chaque année, plus de 50 000 jeunes quittent le lycée sans baccalauréat et 1 étudiant sur 2 échoue en première année universitaire. A la rentrée, une nouvelle classe de seconde sera mise en oeuvre et en septembre 2012 la terminale.

L’accompagnement personnalisé et les stages de remise à niveau pour éviter le redoublement aideront les élèves de seconde à se déterminer. L’enseignement obligatoire de l’économie et d’une deuxième langue vivante concourt à une meilleure orientation.

En revanche, il apparaît difficile de traiter dans de bonnes conditions un programme d’histoire-géographie en une année au lieu de deux. Je regrette que plus de 400 000 bacheliers de série scientifique perdent le bénéfice d’un enseignement obligatoire de cette discipline qui forme le jugement critique utile à la citoyenneté.

Sport à l’école

Plus il est commencé tôt, mieux c’est. C’est un bon placement pour la vie. Négligé à l’école, j’ai appris à le pratiquer régulièrement à l’armée à 20 ans et ne peux plus aujourd’hui m’en passer.

La réforme du rythme scolaire en faveur d’une plus grande place donnée aux activités sportives va dans le bon sens si elle tient compte des réalités chronobiologiques. On doit pouvoir courir avant 10h et pas après le déjeuner..

Les élèves français bénéficient du plus grand nombre d’heures de cours en Europe sur la période la plus courte de l’année. C’est une question d’organisation même si l’accès aux infrastructures sportives est un problème déterminant à régler.