Quelle politique étrangère

varsovieL’échec de la seconde intervention américaine en Irak en 2003, à travers une coalition internationale hors mandat de l’ONU – et contre la volonté de la France, de l’Allemagne et de la Russie -, a rappelé qu’on ne pouvait imposer la démocratie par le seul jeu des armes. L’exemple irakien a également rappelé que le démantèlement d’un Etat et d’une armée pouvait conduire au pire. La France ne doit intervenir que lorsque ses intérêts propres, directs ou indirects, ou ceux de ses alliés et amis, sont menacés, et non en fonction de la seule nature du régime de tel ou tel Etat tiers ni de la politique qui y est menée. A court terme, l’OTAN demeure notre principal mécanisme effectif de sécurité collective. Sur ce point, le retour de la France dans le commandement intégré a été une décision discutable, mais ne peut plus être remis en question. Mais les frontières de cette alliance n’ont pas vocation à s’élargir, particulièrement pas à l’Ukraine. Ce n’est pas une alliance contre la Russie, qui a vocation à être une alliée, en particulier face au terrorisme. Par ailleurs, il faut tirer parti de l’espace de la francophonie dans le domaine économique et cesser l’aide budgétaire globale, pour en revenir à une aide par projet. Nous ne devons pas céder à la « diplomatie compassionnelle » si on n’a pas les moyens ni l’intérêt à agir. Les chefs de l’Etat passent, le pays demeure. Le G20 n’est que l’occasion d’une photo de famille. Il convient à mon sens de proposer l’institution d’un G12 – G8 + Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud – comme instance de gouvernance mondiale, en remplacement des G7/G8. Bien sûr cette instance doit avoir une autorité sur les institutions financières internationales. Enfin il faut proposer la création d’un tribunal international de l’environnement qui aurait vocation à juger des délits écologiques, notamment des grandes entreprises multinationales, et réorienter nos représentations dans le monde vers les pays émergents ou d’importance stratégique, c’est-à-dire favoriser la qualité (moyens d’action) sur la quantité (universalité du réseau).

Politique étrangère

On ne va pas faire ici le procès de la diplomatie française, personne n’avait vu venir les événements dans le monde arabe. Mais en diplomatie, les paroles doivent être des actes. « (…) ce n’est pas la politique de la France qui est désordonnée, c’est le monde qui est en désordre. » (Henri Guaino, Conseiller spécial du président de la République, chef de la mission interministérielle de l’Union pour la Méditerranée – Le Monde 28/02/2011)

Oui sauf qu’il faut savoir prendre le risque de la liberté et dire clairement de quel côté nous sommes à un moment donné. Par ailleurs, dès lors que la France a tendance à s’aligner sur d’autres diplomaties, notamment américaine, elle perd en exigence et en capacité d’initiative. Il y a enfin des solutions comme une politique d’équilibre avec l’Allemagne, une politique énergétique européenne ou un principe de réciprocité dans nos relations économiques avec les États-Unis, la Chine et les pays émergents.